Écouter

Méditation guidée · 11 minutes · Prendre appui, semaine 1

Audio — 11 minutes. Le texte intégral est juste en dessous, si tu préfères lire ou suivre en même temps.

© 2026 Franck Plüss — Licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0. Tu peux télécharger cet audio et le partager, à condition de citer l’auteur (Franck Plüss, habiterlinquietude.fr), de ne pas le modifier et de ne pas en faire un usage commercial. Pour tout autre usage : contact@habiterlinquietude.fr.

Première pratique. On ne va presque rien faire : écouter. Pas pour se détendre, pas pour se concentrer — juste pour sortir un moment de la tête, par la porte la plus simple qu’on ait : les oreilles. Dix minutes. Tu n’as rien à réussir, et personne ne te demande quoi que ce soit.

Installe-toi là où tu es. Sur une chaise, dans la voiture, sur le bord du lit — ça n’a pas d’importance. On verra l’assise la semaine prochaine. Pour aujourd’hui, pose simplement tes pieds au sol, et laisse tes mains où elles sont.

Les yeux restent ouverts. Le regard se pose devant toi, un peu vers le bas, sans rien fixer. On ne ferme pas les yeux pour écouter — on reste avec le monde.

pause courte

Et maintenant, écoute.

Pas quelque chose en particulier. Écoute ce qu’il y a. Les sons proches d’abord — ma voix, peut-être un appareil qui tourne, un tic-tac, une porte quelque part, ta propre respiration si elle est audible.

laisse venir

Tu n’as rien à faire de ces sons. Tu n’as pas à les trouver agréables, ni à les trier. Ils arrivent, ils sont là, ils passent. C’est tout.

pause courte

Laisse maintenant l’écoute s’élargir. Les sons un peu plus loin — la pièce d’à côté, le couloir, l’étage. Et plus loin encore : la rue, un moteur, un oiseau, le vent, une voix qu’on ne comprend pas. Le monde qui continue, dehors, sans toi et avec toi.

silence

Tu remarques peut-être que chaque son a un nom qui arrive tout de suite. Une voiture. Le frigo. Le voisin. C’est la tête qui fait ça, très vite — elle range. Tu peux la laisser ranger. Et tu peux aussi, juste une fois, écouter le son avant le mot. Avant que ce soit une voiture, c’est un son qui monte, qui passe, qui descend. Rien d’autre.

laisse venir

Écoute comme ça, un moment. Le son avant le mot.

silence

Il y a quelque chose de particulier avec les sons : tu ne décides pas de ce qui arrive. Tu ne sais pas quel sera le prochain, ni quand. Tu ne peux rien contrôler ici — et pourtant tu es là, et ça va. Tu n’as pas besoin de savoir ce qui vient pour être là.

Reste avec ça, sans rien en faire.

silence

À un moment, tu vas t’apercevoir que tu n’écoutes plus. Que tu es parti — dans une conversation d’hier, dans la liste de demain, dans ce truc qui n’est pas réglé. C’est normal. C’est le métier de la tête, de partir. Ce n’est pas une erreur, et il n’y a rien à corriger.

Quand tu t’en aperçois, tu es déjà revenu. Alors tu reprends l’écoute, simplement. Un son. Puis un autre.

laisse venir

Peut-être que ça se reproduit dix fois en dix minutes. Ça ne veut pas dire que tu pratiques mal. Ça veut dire que tu pratiques.

silence

Écoute encore. Les sons proches, les sons loin, et l’espace entre les deux — ce silence qui n’est jamais complètement silencieux.

pause courte

Remarque que pour écouter, tu as dû sortir un peu de toi-même. On n’écoute pas de l’intérieur de sa tête. On écoute vers le monde. Et sans que tu aies rien décidé, tu es un peu moins seul avec ce qui t’occupe : il y a la pièce, la rue, les gens, la vie qui fait son bruit. Ce qui t’occupe est toujours là, sans doute. Mais il n’est plus tout seul à prendre la place.

silence

Encore un peu. Rien à chercher, rien à garder. Tu écoutes, comme on laisse une fenêtre ouverte.

silence

Doucement, laisse le regard remonter. Reprends la pièce, la lumière, ce qu’il y a devant toi. Tu n’as pas à « revenir » — tu n’es jamais parti nulle part. Tu as juste écouté.

Bouge un peu les épaules, les mains, ce qui demande à bouger.

pause courte

Ce que tu viens de faire, tu peux le refaire n’importe où. Deux minutes dans la voiture avant d’entrer. À ton bureau, entre deux appels. Dans une salle d’attente. Il n’y a rien à installer, rien à préparer. Il y a toujours quelque chose à écouter.

À demain, si tu veux. Même heure, même pratique. Ou pas.

Les pauses sont indiquées entre parenthèses : pause courte ≈ 5 à 8 secondes, laisse venir ≈ 12 à 15 secondes, silence ≈ 25 à 30 secondes. Si vous lisez ce texte à quelqu’un, respectez-les : le silence fait la moitié du travail.

← Retour au programme · Toutes les méditations

Cette pratique ne remplace pas un avis médical. Si vous êtes suivi, parlez-en à la personne qui vous suit. Si vous êtes en danger, appelez le 15. Toutes les ressources d’aide.